Depuis des siècles, dans le monde arabo-musulman et bien au-delà, une pratique se transmet de mère en fille : consommer des dattes en fin de grossesse pour préparer le corps à l’accouchement. Ce qui pourrait passer pour une simple sagesse populaire est aujourd’hui étudié sérieusement par la science, avec des résultats suffisamment intéressants pour attirer l’attention des sages-femmes, des obstétriciens et des futures mères du monde entier.
Ce guide complet vous explique ce que l’on sait aujourd’hui de la relation entre dattes et accouchement : ce que montrent les études cliniques, à partir de quand commencer, combien en manger, quelle variété choisir, et quelles précautions garder à l’esprit. L’objectif n’est pas de promettre un accouchement facile, mais de vous donner toutes les clés pour intégrer cette pratique en toute connaissance de cause.
Une tradition millénaire relayée aujourd’hui par la science
Consommer des dattes en fin de grossesse n’est ni une mode récente, ni une invention marketing. C’est une pratique ancienne, ancrée dans plusieurs cultures et validée aujourd’hui par un début de littérature scientifique.
L’origine spirituelle et culturelle
Dans la tradition islamique, la référence la plus connue est celle de Marie (Maryam), à qui Dieu, selon le récit coranique, indique de secouer le tronc d’un palmier dattier pour se nourrir de dattes fraîches au moment de mettre au monde son fils. Ce passage a fondé, dans une grande partie du monde musulman, l’usage systématique de la datte en fin de grossesse et au moment de la délivrance.
Au-delà de cette dimension spirituelle, le fruit est utilisé de manière comparable dans plusieurs traditions du Maghreb, du Moyen-Orient et de l’Afrique de l’Est, où il fait partie intégrante des soins prodigués aux femmes enceintes et aux jeunes accouchées. C’est un exemple typique de savoir traditionnel transmis par les femmes, longtemps ignoré par la médecine occidentale.
Un intérêt scientifique récent mais grandissant
Depuis les années 2010, plusieurs équipes universitaires, notamment jordaniennes, iraniennes et malaisiennes, se sont penchées sur ce sujet avec des méthodes rigoureuses. Les résultats obtenus, sans être définitifs, montrent une convergence intéressante en faveur d’un effet positif de la consommation régulière de dattes en fin de grossesse sur plusieurs paramètres de l’accouchement.
Ces études ne remplacent pas un suivi médical, mais elles offrent un cadre rassurant pour intégrer cette pratique dans une préparation à la naissance moderne et éclairée.
Que disent les études sur les dattes et l’accouchement ?
Trois éléments clés méritent d’être connus pour se faire une opinion informée.
L’étude jordanienne de référence (Al-Kuran, 2011)
L’étude la plus citée est celle publiée en 2011 dans le Journal of Obstetrics and Gynaecology par le docteur Al-Kuran et son équipe. Elle a suivi 69 femmes ayant consommé 6 dattes par jour pendant les 4 dernières semaines de grossesse, comparées à un groupe témoin de 45 femmes n’en ayant pas consommé.
Les résultats observés dans le groupe qui consommait des dattes étaient notables :
- une dilatation cervicale plus avancée à l’admission à la maternité
- une rupture spontanée des membranes plus fréquente, réduisant le recours au déclenchement artificiel
- une phase de travail active plus courte
- un taux plus élevé d’accouchements naturels sans recours à l’ocytocine de synthèse
Ces observations, bien qu’établies sur un échantillon modeste, ont ouvert la voie à d’autres travaux.
Les études plus récentes qui confirment la tendance
Depuis 2011, d’autres études ont été publiées, notamment en Iran et en Malaisie, avec des protocoles proches. La plupart confirment une tendance similaire : consommer régulièrement des dattes en fin de grossesse est associé à un travail plus court, une meilleure maturation cervicale et un moindre recours aux interventions médicales.
Certaines études suggèrent également un effet favorable sur la période post-partum, avec une hémorragie de la délivrance réduite et une meilleure contraction utérine après la naissance.
Ce que les études ne disent pas
Il est important de rester lucide. Aucune étude ne dit que les dattes garantissent un accouchement facile, court ou sans douleur. Elles ne dispensent pas d’un suivi médical, ne préviennent pas les complications obstétricales, et n’ont pas le statut d’un médicament.
Ce que la science suggère aujourd’hui, c’est un léger effet favorable statistique, dans un contexte où la consommation de dattes reste un geste nutritionnel simple, sûr et bénéfique par ailleurs. C’est un plus, pas une garantie.
Produits recommandés
Pourquoi les dattes agiraient-elles favorablement sur l’accouchement ?
Plusieurs mécanismes physiologiques sont évoqués par les chercheurs pour expliquer cet effet.
Les dattes contiennent des composés dont l’action pourrait ressembler à celle de l’ocytocine, l’hormone naturelle des contractions et de l’attachement. Elles activeraient les récepteurs à ocytocine du muscle utérin, favorisant une contraction plus efficace au moment du travail.
Elles sont aussi riches en fructose et en glucose, des sucres à assimilation rapide et régulière, qui offrent une réserve d’énergie précieuse pendant les longues heures du travail. À une période où la mère peut avoir du mal à s’alimenter, cette source d’énergie immédiate est particulièrement utile.
Leur richesse en potassium, magnésium et fibres contribue à un bon fonctionnement musculaire général, à la prévention des crampes et au soutien du transit, souvent perturbé en fin de grossesse.
Enfin, leurs polyphénols antioxydants participent à la protection des tissus contre le stress oxydatif, particulièrement sollicité en fin de grossesse et pendant l’accouchement.

À partir de quand commencer à manger des dattes ?
Le consensus qui se dégage des études et des traditions est de commencer environ 4 semaines avant la date prévue d’accouchement, soit vers la 36ème ou 37ème semaine d’aménorrhée. Ce timing correspond à la période où le corps commence à se préparer activement à la naissance.
Certaines traditions et certaines études suggèrent un démarrage encore plus précoce, à partir de la 35ème semaine, pour bénéficier d’un temps d’imprégnation plus long. D’autres protocoles récents évoquent un intérêt possible dès le début du 3ème trimestre, à des doses plus modestes.
Rien n’interdit non plus de consommer des dattes tout au long de la grossesse, dans le cadre d’une alimentation équilibrée. Il n’y a aucune contre-indication à en manger plus tôt, tant que la consommation reste raisonnable.
Combien de dattes par jour en fin de grossesse ?
Le protocole le plus étudié et le plus recommandé est de 6 dattes par jour durant les 4 dernières semaines de grossesse. Cette quantité correspond à celle de l’étude jordanienne de 2011 et à ce que l’on retrouve dans la majorité des travaux ultérieurs.
Cela représente environ 150 à 180 grammes de dattes selon la variété, soit un apport d’environ 400 à 500 kilocalories. Cet apport supplémentaire est parfaitement compatible avec une alimentation de fin de grossesse, période où les besoins énergétiques sont légèrement augmentés.
Il n’est pas nécessaire de manger les 6 dattes en une fois. La répartition la plus agréable et la mieux tolérée consiste à les prendre en trois collations de deux dattes, en milieu de matinée, en milieu d’après-midi et le soir. Cette répartition évite les pics glycémiques et intègre naturellement les dattes au rythme des repas.
Quelle variété de datte privilégier ?
Toutes les variétés de dattes peuvent convenir, mais certaines sont particulièrement recommandées dans le cadre de la préparation à l’accouchement.
La datte Ajwa, la plus recommandée
La datte Ajwa, cultivée exclusivement à Médine en Arabie saoudite, occupe une place à part dans la tradition islamique et dans la préférence des femmes enceintes. Elle est réputée pour sa concentration élevée en antioxydants, ses polyphénols et sa richesse minérale, ainsi que pour sa dimension spirituelle profondément ancrée.
C’est la variété la plus recherchée par les futures mères pratiquantes, souvent consommée par nombre impair conformément à la tradition prophétique. Sa chair légèrement plus ferme et son goût plus complexe la distinguent des autres variétés.
La datte Medjool, une excellente alternative
La datte Medjool, cultivée notamment au Maroc, en Palestine et en Jordanie, est la deuxième variété la plus populaire pour cet usage. Sa taille généreuse permet d’atteindre facilement les 6 unités par jour, son moelleux la rend agréable à manger, et sa richesse en potassium et en fibres en fait une candidate idéale.
C’est souvent la variété la plus facile à trouver en France, ce qui explique sa popularité chez les femmes enceintes qui n’ont pas accès à la Ajwa.
Les autres variétés compatibles
Les dattes Deglet Nour, Sukkari ou Mazafati conviennent également parfaitement. L’important est de choisir des dattes de qualité, non traitées, sans sirop de glucose ajouté ni conservateurs, et à la chair encore souple. Les dattes trop sèches sont moins agréables à consommer en quantité et peuvent lasser rapidement.
Dans tous les cas, veillez à bien laver les dattes avant consommation, en particulier si elles sont vendues en vrac.
Les autres bénéfices des dattes pendant la grossesse
Au-delà de la préparation à l’accouchement, les dattes présentent plusieurs intérêts spécifiques pour la femme enceinte.
Elles constituent une excellente source de fer végétal, particulièrement utile en fin de grossesse où l’anémie ferriprive est fréquente. Associées à une source de vitamine C (agrumes, kiwis, poivrons), leur fer est bien mieux absorbé.
Leur richesse en fibres aide à lutter contre la constipation, un désagrément très courant pendant la grossesse en raison des variations hormonales et de la pression du bébé sur les intestins.
Elles apportent des folates (vitamine B9), essentiels au bon développement du système nerveux du bébé, en complément d’une supplémentation médicale si elle est prescrite.
Leur densité énergétique est utile pour couvrir les besoins accrus du troisième trimestre sans se ruer sur des aliments transformés riches en sucres ajoutés.
Enfin, elles offrent un coup de fouet immédiat en cas de fatigue, particulièrement précieuse dans les dernières semaines où la mère se lève souvent la nuit et manque de sommeil.
Précautions et cas particuliers
Malgré leur profil favorable, quelques précautions sont à connaître.
Diabète gestationnel : en cas de diabète diagnostiqué pendant la grossesse, la consommation régulière de dattes doit être discutée avec le médecin ou la sage-femme. L’index glycémique modéré des dattes ne les rend pas interdites, mais leur densité en sucres impose un cadre précis. Un compromis fréquent est de réduire la quantité à 2 ou 3 dattes par jour et de les consommer autour d’un repas contenant des protéines.
Prise de poids excessive : si la prise de poids gestationnelle sort du cadre recommandé, l’ajout de 400 kcal par jour peut être discuté. Là encore, une adaptation individuelle est possible.
Allergie ou intolérance : rare mais possible. En cas d’antécédent d’allergie aux fruits séchés, procéder progressivement.
Contractions douloureuses avant terme : si des contractions régulières apparaissent avant 37 semaines, consulter avant tout ajustement alimentaire particulier.
Dans tous les cas, il est recommandé d’informer votre sage-femme ou votre médecin de la consommation quotidienne de dattes en fin de grossesse. Ce n’est pas une pratique risquée, mais elle mérite d’être intégrée dans le tableau global de votre suivi.

Comment intégrer les dattes au quotidien en fin de grossesse ?
Six dattes par jour peuvent sembler beaucoup à première vue, mais deviennent vite une habitude agréable une fois quelques astuces adoptées.
Nature, deux dattes accompagnent naturellement une tisane de fin d’après-midi, un thé à la menthe ou un chocolat chaud.
Fourrées d’une amande, d’une noix ou d’un peu de purée de sésame (tahini), elles deviennent une collation ultra-nourrissante et savoureuse.
En pâte de dattes maison, mixées avec un peu d’eau, elles peuvent servir de sucre naturel dans un yaourt, un porridge du matin ou un smoothie.
En energy balls, mixées avec des amandes et des flocons d’avoine, elles offrent une collation facile à emporter à la maternité pour le début du travail.
En dessert simple, coupées en deux et garnies d’un peu de fromage frais ou de ricotta, elles constituent un moment gourmand parfaitement adapté à la grossesse.
L’important est de trouver le rythme et la forme qui vous conviennent le mieux. La régularité prime sur la performance : mieux vaut 4 dattes tous les jours pendant un mois que 6 par jour pendant une semaine. Pour bien démarrer, une sélection soignée de dattes de qualité fait déjà toute la différence.
En résumé, la consommation régulière de dattes en fin de grossesse est aujourd’hui soutenue par une convergence intéressante entre tradition et science. Ce n’est pas une garantie, mais c’est un geste simple, naturel et sûr, qui peut accompagner harmonieusement la préparation à la naissance. Reste à choisir de bonnes dattes, à en faire un plaisir plutôt qu’une corvée, et à les intégrer dans un mode de vie doux et attentif.
Combien de dattes manger par jour en fin de grossesse ?
Le protocole le plus étudié recommande 6 dattes par jour pendant les 4 dernières semaines avant l’accouchement. Cette quantité peut être répartie en 3 prises de 2 dattes au cours de la journée pour une meilleure assimilation.
À partir de quand commencer les dattes pour l’accouchement ?
La plupart des études et des traditions recommandent de commencer 4 semaines avant la date prévue d’accouchement, soit vers la 36ème ou 37ème semaine d’aménorrhée. Certaines pratiques commencent dès la 35ème semaine.
Les dattes déclenchent-elles vraiment l’accouchement ?
Non, elles ne déclenchent pas l’accouchement. Les études suggèrent qu’elles peuvent favoriser une meilleure maturation du col, un travail plus court et un moindre recours aux interventions médicales, mais elles n’agissent pas comme un déclencheur immédiat.
Quelle est la meilleure variété de datte pour l’accouchement ?
La datte Ajwa de Médine est traditionnellement la plus recommandée, notamment dans la tradition islamique. La datte Medjool est une excellente alternative largement disponible en France. Les autres variétés comme la Deglet Nour ou la Sukkari conviennent également.
Peut-on manger des dattes avec un diabète gestationnel ?
Cela doit être discuté avec votre médecin ou votre sage-femme. Les dattes ont un index glycémique modéré mais restent riches en sucres. Un compromis fréquent est de réduire la quantité à 2 ou 3 dattes par jour, prises autour d’un repas contenant des protéines.
Y a-t-il des risques à manger des dattes pendant la grossesse ?
Non, il n’y a pas de risque particulier à consommer des dattes pendant la grossesse. Elles sont même bénéfiques pour lutter contre l’anémie, la constipation et la fatigue. La seule précaution concerne les femmes atteintes de diabète gestationnel ou celles ayant une prise de poids excessive.
Que dit l’Islam sur les dattes et l’accouchement ?
La référence coranique la plus connue est celle de Marie (Maryam), à qui il est indiqué de secouer un palmier pour manger des dattes au moment de mettre au monde son fils. La tradition prophétique valorise particulièrement la datte Ajwa de Médine et recommande une consommation par nombre impair.















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